Travails, familles, patries (was : Mein Arbeit Macht Meine Frei)
Publié : 29 juin 2012 Classé dans : Personnel, Professionnel | Tags: carcassonne, cyberespace, cyberia, enfants, famille, famille recomposée, flexibilité, freelance, liberté, mobilité géographique, navetteur, paris, sncf, soleil, sud, télétravail, trains, travail, ubiquité, voyages Poster un commentaire »Je sais pas pourquoi ce sont 2 idées nauséabondes qui, en les détournant, ont fini par donner ce titre bizarre. C’est comme ça, peut-être les scores récents du Front National, la campagne Buisson(esque) défaite de Sarkozy et les manifestations quotidiennes de haine et fascisme que l’actualité nous présente. Ou le fait que j’ai souvent mes idées d’articles comme ça sans y penser vraiment et qu’ensuite il faut vite que je les écrive et que je les publie, sans toujours bien les relire. Le blogging a toujours eu pour moi cette fonction, cet intérêt. Toujours est il que je suis parti, pour mieux les ridiculiser et tenter si c’est possible de les rendre moins horribles, de l’odieuse devise qui figurait à l’entrée du camp de Buchenwald et du triptyque pétainiste qui s’était substitué au républicain "Liberté, Egalité, Fraternité".
Pour parler de quoi cette fois-ci ?
De mon rapport au travail, de la place qu’il a par rapport à ma vie personnelle et du rôle central que possède pour moi la famille, de mon besoin vital de liberté ainsi que des contraintes et des avantages de ma mobilité géographique, toussa quoi.
Par quoi commencer, par la raison pour laquelle j’écris au pluriel "travails, familles, patries".
Au-delà de la faute d’orthographe volontaire et pseudo-stylistique, j’ai effectivement de nombreuses activités qu’on peut considérer comme "professionnelles", de manière synchrone, je suis en effet cofondateur et associé de LIMITE, une agence pure-player en communication responsable, pour laquelle j’interviens sur le volet digital de ses clients publics, privés ou non-marchands ; j’ai une activité de freelance en tant que planneur / consultant / newbizz digital pour des agences et des annonceurs qui ne sont pas en concurrence avec LIMITE, notamment au travers d’Agilteam et de ma structure FBardeau Conseil ; je poursuis également le travail engagé avec la publication du livre "Anonymous" co-écrit avec Nicolas Danet et publié chez FYP par la rédaction d’articles, l’animation ou l’organisation de conférences ou d’ateliers sur le sujet de l’hacktivisme et de la cyberculture et du digital au sens large… C’est pour ça que je dis que j’ai plusieurs "travails"
Ensuite "familles". Ca peu paraître débile là aussi, car on peut dire qu’on en a toujours qu’une seule mais moi je dis que j’en ai plusieurs, ou que ma conception de ma famille est à géométrie variable et fonctionne en mode étendu. Ca n’est pas qu’une histoire de sang en tous cas mais aussi d’affinités. J’ai pourtant des parents et des parentés, des enfants (5 en tout, 2 d’un premier mariage qui ont 6 et 4 ans et demi, 2 qui sont dans ma vie grâce à mon 2ème mariage et qui ont 13 et 12 ans, et pour finir le petit dernier d’1 an que la vie nous a donné comme un cadeau à ma femme et moi). Donc c’est une belle famille recomposée qui, selon les semaines, est composée de 3 personnes (ma femme, notre fils et moi), de 5 personnes (nous 3 et les 2 enfants de ma femme) ou 7 (elle, moi et tous nos enfants). Et concernant les enfants, j’ai envie d’en adopter d’autres, et de monter, à terme, une ONG qui fédérerait des orphelinats autour du soin (ma femme est médecin) et d’Internet/des logiciels libres. Mais je pourrais dire aussi que je compte dans ma famille des amis, des qui sont physiquement proches de moi et d’autres que je vois moins malheureusement faute de temps. Et je pourrais également tout aussi facilement dire que je considère chaque femme et chaque homme dans ce monde comme un membre de ma famille tant leurs souffrances et leurs conditions m’affectent et déterminent pour beaucoup ma vision du monde, mes engagements, les priorités que je me fixe dans mes activités professionnelles et personnelles, mes lectures, ma façon de vivre au quotidien…
Dernier point d’explication, pourquoi "patries" ? Et bien parce que mes "travails" et mes familles se vivent simultanément, mais sur des territoires éclatés. Je suis en effet ce qu’on appelle un navetteur, qui passe beaucoup de temps dans les trains car je suis organisé selon une mobilité géographique pendulaire, mais pas comme un navetteur classique. J’ai 2 domiciles un à Paris, l’autre dans le Sud de la France, et j’y passe en gros une semaine sur 2 en période d’activité normale (l’été je suis plutôt dans le Sud
. A Paris je m’occupe en alternance de mes 2 premiers enfants, de LIMITE et de ses clients digitaux, et de certaines de mes autres activités (missions freelance, conférences, travail de recherche pour continuer à écrire des articles et des livres sur les hackers). Dans le Sud je continue à (télé)travailler pour mes activités professionnelles, parisiennes ou non. Les 2 territoires qui font le lien entre mes 2 domiciles, c’est le train dans lequel je travaille, je lis et souvent je dors (voyages de nuit en couchettes), mais surtout Internet et le cyberespace qu’il créé et que j’arpente depuis 15 ans à tel point que je m’y sens à la fois comme chez moi mais qu’il revêt toujours pour moi un caractère d’aventures et de découvertes permanentes. Voilà pourquoi "patries" : Paris, Carcassonne, SNCF, Cybéria j’avais un jour mis sur mon descriptif Twitter en forme de joke… mais ça n’en était pas vraiment une.
Alors tout ça pour quoi ? Quelle complexité pourrait-on se dire ! Quel éparpillement et quelle fatigue ! Quelle perte de temps tous ces trajets !
Et bien pour moi, et pour l’instant pour mes proches, pour mes clients, pour mes associés et pour le monde entier : c’est comme ça, et c’est bien comme ça jusqu’à ce que cela ne le soit plus et que j’agisse pour changer cette configuration. Car ce dispositif possède aussi de remarquables avantages personnels ou professionnels, et qu’il correspond à des envies autant que des besoins très forts et très importants pour moi. Le premier est qu’il me permet de "jouer sur tous les tableaux", c’est à dire d’avoir des activités professionnelles passionnantes et multiples, stimulantes car hétérogènes, et qu’il me ménage beaucoup de temps de travail chez moi (à Paris mais surtout dans le Sud) et énormément de flexibilité pour profiter de mes enfants (à Paris, mais aussi dans le Sud quand on est 3 ou 5 ou 7), et bien entendu de ma femme (week-ends, vacances, moments "off").
Tout ça n’est possible que parce que je ne suis pas salarié, que parce que j’ai des activités différenciées dont aucune ne me prend suffisamment de moi pour m’empêcher de vivre le reste de ce que je veux vivre. Et rien de cela ne serait possible sans le cyberespace. Internet m’a donné énormément à tous les niveaux, il m’a ouvert l’esprit, donné un travail, montré la voie et fait connaitre des choses qui ont changé ma vie, permis d’interagir et de rencontrer des gens extraordinaire, et il me permet de m’organiser différemment, sur plusieurs lieux, c’est aussi pour cela que je suis libre et que j’apporte des choses à mes clients.
Donc paradoxalement, ce qui pourrait apparaître comme un déséquilibre ou une instabilité est en fait un agencement stable. Il l’est pour mes associés, mes clients et mes partenaires/équipes, qui savent que ma réactivité et ma valeur ajoutée ne sont pas affectées par mon mode de vie mais qu’il faut s’organiser et aimer les nouvelles technologies numériques (téléphone, visio, chat, pads, mails), et il l’est pour ma famille et mes amis dont je peux profiter pleinement, là aussi pas toujours physiquement (vive les réseaux sociaux, le téléphone, le mail) et pas autant que ce que je souhaiterais.
Je travaille beaucoup et un peu tout le temps, et je déconnecte rarement même si je me soigne de mieux en mieux à ce sujet, grâce à ma femme et au soleil du Sud… mais c’est aussi pour cela que je suis libre, que je fais plein de choses passionnantes et que j’ai développé des expertises très fortes qui me permettent de bien gagner ma vie et d’en profiter un maximum auprès de ceux que j’aime et au service de mes engagements.
Il y a bien pire…
C’est pas demain la veille… c’est maintenant !
Publié : 13 juin 2012 Classé dans : Digital, Professionnel | Tags: digital, intelligence économique, internet, stratégie digitale, twitter, veille Poster un commentaire »La veille… encore un mot valise pratique et évocateur mais qui cache des réalités bien différentes selon qui l’emploie, dans quel contexte, pour quel objectif… Maintenant on dit "e-réputation" mais en fait c’est de la veille, et la veille c’est de la curiosité systématique donc finalement, c’est pas très nouveau, sauf que…
Perso j’en faisais avant de savoir que ça existait, en achetant des journaux, en lisant des livres, en me rencardant auprès de personnes proches de ce qui m’intéressait, et puis j’ai découvert le web et là ça a été une élargissement considérable du champ de ma curiosité, aka veille… et juste après j’ai choisi de finir ma spécialisation universitaire (après les sciences politiques) par un DESS d’intelligence économique où j’ai appris "la théorie et la pratique de la veille stratégique" : rien que ça…
Ensuite en tant que planneur stratégique et qu’expert en communication de crise (chez DDB&Co), j’ai intégré la veille dans ma pratique quotidienne, diffusé des informations en interne pour alimenter les commerciaux et nous donner des biscuits quand on était en compétition / appel d’offre et enfin packagé une offre agence dédiée à de la veille, orienté "insights" et "crise". C’est à ce moment que j’ai touché du doigt la difficulté de facturer / valoriser ce travail qui mixe intelligence, outils et rigueur car autant tout le monde était toujours content de recevoir des informations pertinentes, ciblées et en temps quasi réel, autant c’était dur de faire accepter que ça représentait une valeur, y compris marchande.
Après DDB, je suis allé monter une structure dédiée à la veille chez Publicis, Netintelligenz, où j’étais responsable du "knowledge management" (SIC) et donc plus concrètement de la veille, des outils et des gens qui la produisaient. Aboutissement de ce processus de formalisation et d’industrialisation de la veille que je réalisais auparavant avec des outils gratuits, j’ai benchmarké et choisi avec mes associés de l’époque une solution automatisée, capitalisant sur une base de connaissance sémantique à réseaux de neurones, déclinées pour le secteur privé à partir de celle qui était en production au sein de la DGSE (Taïga > Arisem). Nous avons mis des mois à paramétrer cette solution, et en attendant nous poursuivions nos veilles "à la main". Et quand elle s’est révélée opérationnelle, nous avons pris conscience qu’elle n’était efficace que dans des cadres très précis : gros volume de mentions, sémantique peu ambiguë et peu mouvante à surveiller (sinon il fallait renseigner la base de connaissance et apprendre au système le sens des mots), corpus restreint à quelques langues internationales en alphabet occidental (sinon ça marchait pas), sources relativement stables à la fois en terme de technologie et de nouveauté (car il fallait les ajouter à la main)… et il manquait à cette plateforme des outils de visualisation permettant de créer des tableaux de bord quantitatifs, voire qualitatifs (positif, neutre, négatif). Et il n’y avait que les newsgroups et les blogs à l’époque, ni Twitter et ni Facebook !
Par la suite, depuis mon départ de Netintelligenz en 2000, je suis resté "un veilleur" mais sans plateforme sémantique, à la mano avec mes yeux et mon sens de l’analyse, ma connaissance du web, des sources, des différents cycles de l’information… Pour mon travail, pour rester au courant de tout, dans mes conseils, ça m’aide beaucoup, et ça remplit aussi ma curiosité naturelle, mon envie d’apprendre, d’être en prise avec l’actualité du monde, celles des mes centres d’intérêts, etc. De toute mes expériences, j’ai gardé une idée chevillée au corps, une conviction forte comme on dit, que j’avais avant de savoir ce que c’était que "la veille" : le meilleur veilleur du monde ce n’est pas une histoire de sémantique ou de plateforme logicielles valant des centaines de milliers d’euros, c’est juste une question de personne : celle qui sait utiliser les algorithmes et les logiciels qui sont à sa disposition, qui sait formuler de bonnes requêtes, raffiner ses sources, qualifier les documents qu’il détecte, les analyser et les transmettre accompagnés d’un mode d’emploi, d’une recommandation sur "quoi faire face à ce document ?"…
Je veux bien croire que quand on s’appelle Coca Cola, Nike, Apple ou Orange on a besoin d’outils pour gérer une volumétrie impressionnante de mentions de sa marque, et que les plateformes logicielles et les abonnements à des outils/services qui crawlent toutes les sources (et le "web invisible"
dans toutes les langues rassurent les directions générales et com/marketing en donnant de beaux graphiques et des chiffres qui servent dans des rapports… peut être… mais la crise énorme, ou le "signal faible", ou la tendance de fonds, ou l’usage nouveau, ou l’insight stratégique qui peut changer la vie d’une marque à court terme (crise médiatique commençant sur Twitter ou ailleurs sur le web) ou à moyen terme : c’est une personne qui la trouve à chaque fois, soit qu’elle pilote la solution de veille ou qu’elle s’y substitue.
J’ai des dizaines d’exemples de documents déterminants qui sont apparus sur le web à des endroits improbables (et donc non indexés / surveillés), dans des créneaux horaires non standards (vendredi soir, week-end, nuit) ou dont personne n’avait imaginés qu’ils soient importants et qui n’ont été portés à la connaissance des clients que parce qu’un oeil humain, une personne s’en est saisi, l’a vue, comprise et diffusée à la bonne personne, rapidement.
Pour ne donner qu’un seul exemple, en 1999, je me suis retrouvé face à un message posté dans un newsgroup obscur, que j’avais détecté via Dejanews à l’époque (racheté par Google ensuite), sur la base d’une requête comportementale (pas en surveillant le nom d’une marque précise mais une expression contextuelle de mise en cause d’une marque peu importe laquelle) et ce message annonçait une crise retentissante pour la marque qui y était citée mais avec une faute d’orthographe improbable, car le message avait été rédigé par des gens créoles et diffusé via un cybercafé dans un des pays les plus pauvres du monde. Une semaine après, parce que j’avais prévenu le dircom de la marque mise en cause en lui envoyant un simple mail, je me suis retrouvé à partir en urgence dans ce pays, encadré par un garde du corps et en 4×4 blindé, pour étudier in situ la réalité de ce que le message du newsgroups annonçait. Dans ma chambre d’hôtel, de laquelle on pouvait entendre des coups de feu le soir, je me suis pris à penser que "la veille" pouvait être très puissante puisqu’elle m’avait amené jusque là, mais que c’est bien moi qui était le veilleur et pas le moteur de recherche, la plateforme sémantique ou quoi que ce soit d’autre…
Bref, tout ça pour en arriver là : comme je fais une veille permanente pour moi (perso, pro, clients, thématiques émergentes), que j’ai un bookmark et un Google Reader plein de sources accumulées depuis des années et un savoir particulièrement rodée et redoutable dans le domaine, j’ai décidé de proposer de la mutualiser cette matière et de la diffuser, car je sais que cela peut intéresser plein de gens, en agence, chez l’annonceur, dans les start-ups en incubation ou en amorçage, pour les frees aussi. Mon compte Twitter est déjà une source de veille pour quiconque s’intéresse au digital, aux ONG, à l’hacktivisme, à l’activisme, mais là il s’agira d’aller un peu plus loin et de rendre accessible une matière plus opérationnelle, tournée vers la conception la mise en oeuvre et le pilotage de stratégies digitales, l’innovation, les médias sociaux. Cette offre, parce qu’elle ne sera plus seulement "pour moi" et donc parfois aléatoire ou non systématique, sera donc forcément payante et je me suis donc essayé à la packager comme c’est décrit ci-dessous, et d’y ajouter quelque chose de plus : le fait de pouvoir poser des questions et d’avoir des réponses rapides, par mail, car c’est ce que je fais pour des amis, des associations ou des partenaires, gratuitement, mais je pense que cela peut avoir une valeur pour d’autres personnes qui en aurait besoin pour améliorer leurs stratégies.
Mais la vraie question qui demeure est double : pourquoi faire payer alors que je pourrais partager tout ça gratuitement, et qui serait prêt à payer pour obtenir des choses que moi je trouve gratuitement en ligne ? Et bien ça découle de tout ce que j’ai dit avant. Toute l’information nécessaire pour rester pertinent est disponible gratuitement sur Internet (actualités, bonnes pratiques, études, livres blancs, astuces), mais certains n’ont pas le temps de la chercher et de la qualifier (vrai ou faux, obsolète, objectif et indépendant ou commercial ou biaisé). De la même façon, beaucoup d’organisations ont des questions claires et précises qui appellent des réponses concrètes et rapides mais aucune personne disponible, réactive et de confiance à qui les poser. Et c’est là que mon temps, mon expérience et ma valeur ajoutée peuvent intervenir, et que cela appelle naturellement une contre partie car les personnes qui emploient ces informations le font pour augmenter leur valeur à elle : que ce soit des ONG pour améliorer leur notoriété et leur collecte de fonds, les organisations publiques pour rendre un meilleur service, et les entreprises privées pour leur business. Et avoir une information déterminante, au bon moment, ça peut tout changer et ça donc un prix, et en jouant sur le volume d’abonnés je vais tenter de maintenir des prix accessibles mais qui rémunèreront quand même mon temps, car c’est mon métier et mon unique gagne pain (faire des livres sur Anonymous ne paye pas… ou il faudrait en vendre 100 fois plus
.
Offre "Edge of digital in your box" :
1. Veille (abonnement mensuel à 99 euros HT) : recevez quotidiennement une veille orientée digitale ciblée et son mode d’emploi sous la forme d’alertes email (minimum 5 par jour ouvrés)
2. Q&A (abonnement mensuel à 199 euros HT) : posez des questions simples et précises, et d’obtenir une réponse dans les 2h par retour de mail (1 par jour ouvré maximum lissé sur 1 mois)
3. Prestations sur mesure (sur devis) : veille spécifique, questions complexes avec remise d’un rapport synthétique dans la demie-journée…)
Modalités : abonnements de 3 mois minimum, remises en cas de cumul d’abonnements (2ème abonnement dans la même société = 30 % offert, 3ème = 40% offert, 4ème et suivant = 50 % offert) ou de parrainage d’abonné supplémentaire (un filleul parrainé = 30 % offert, 2 filleuls = 40% offert, 3 filleuls et filleuls suivants = 50 % offert)
Merci de vos commentaires et remarques si vous trouvez ça perfectible, trop ou pas assez cher, etc.